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Né en 1945 à Paris, je vais passer mes 14 premières années au Maroc.
A 21ans, je commence mes études d’Art dramatique avec Tania Balachova dans la petite salle du Théâtre de l’Odéon. En mai 68, l’occupation du théâtre nous sort de notre cocon privilégié et nous plonge dans le bouillonnement des débats houleux qui ont lieu sur place. C’est la « révolution » ! Barricades, occupation d’autres salles de spectacles : le théâtre ne se joue plus sur les planches mais dans la rue. Nous vivons des moments historiques ; l’euphorie enflamme nos esprits, et nous allons changer le cours de l’Histoire, dégripper les schémas de penser archaïques de l’éducation rigide et paternaliste, dénoncer la société de conse, ouvrir les voies de la liberté, pensions-nous ! C’est la fête dans les têtes et les corps. Mais le Général siffle la fin de la récrée et tout rentre dans l’ordre. L’anarchie « ploum ploum tralala » ne vaincra pas. Toujours est-il qu’une semence nouvelle va germer dans les esprits éveillés. Qu’on le veuille ou non, le monde a changé, et plus rien ne sera comme avant. A la rentrée, en septembre, je rencontre Peter WATKINS, brillant réalisateur pacifiste (auteur de « La Bombe ») qui m’engage, sur ma gueule de contestataire, pour son prochain film : « Les Gladiateurs », ce qui va lancer ma carrière d’acteur. Parallèlement, le mouvement hippie, la Beat generation, m’entraîne dans une autre utopie, et je fais la route : l’Afrique, l’Inde, l’Afrique et l’Inde encore qui me captive : Mother India m’a pris dans ses bras, avec toute la magie fascinante d’une humanité, version intégrale où le sublime côtoie la misère la plus crasse, la plus poignante. Toutes les données bien cadrées de la pensée occidentale sont bouleversées ; on vacille dans l’extase, on se tétanise de culpabilisation impuissante ou l’on fuit scandalisé et horrifié, par cet orient des paradoxes! Mais on ne reste pas insensible, le choc est inévitable. Pour moi, ce fut le début d’une quête intérieure et d’ouverture sur d’autres dimensions de la réalité.
En 90, suite à l’incarnation d’un rôle d’amérindien dans une série TV, je découvre la culture de ces peuples et sa dimension naturellement écologique. Ils n’ont pas inventé le concept, ils le vivent. Tout est lié, la Terre est une totalité holistique : la biodiversité est source de vie et l’homme y participe dans le respect de tous les règnes vivants. Tout est sacré. Nouveau choc ! Enfin une culture qui me parle. Je décide de partir à la rencontre des Lakota people au USA, des Mohawks au Canada, et je termine ce périple par " Les Tarahumaras" * et les mayas au Mexique.
* Référence au livre d’Antonin ARTAUD
De retour à paris, je décide de faire le choix d’une qualité de vie plus en contact avec la nature. Et mon besoin d’écrire s’accorde bien avec un tel environnement. Je vais donc m’installer dans le sud de la France pour retrouver une géographie et un climat proche du Maroc méditerranéen de mon enfance!... et je me mets donc à écrire le théâtre de mes prospectives. (Dix ans après, nous y voici, mes pièces sont éditées à l’Harmattan.)
J’ai également l’opportunité de suivre une formation en technique de communication audiovisuelle à Nîmes, où j’obtiens un diplôme de réalisateur ; ce qui me permet de réaliser dans les années qui suivent un certain nombre de documentaires qui traitent des sujets sociaux et en rapport avec l’environnement.
Et l’Amour, dans mon cheminement, vous demandez-vous ?
Eh bien, oui, l’Amour ! C’est la vie, c’est la voie de la liberté, de l’absolue liberté !
Et la grande aventure de la conscience continue.
C’est beau la vie ... c'est infini!
A suivre donc '''''''''''''''''''''''''''''''''''!
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